Gentilshommes verriers de l\'Ouest de la France

Gentilshommes verriers de l\'Ouest de la France

Aperçu sur les verreries de la Charnie

Voici un extrait de l'article publié dans le Bulletin de la Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe.

 

L’activité verrière est attestée dans cette région depuis la fin du Moyen-âge. Plusieurs mentions sont présentes dans les documents provenant de l’abbaye d’Etival-en-Charnie. Ainsi au 15ème siècle est cité Jean Le Boiteux seigneur de la Verrerie de Chemiré-en-Charnie; on y croise également en 1457, Guillaume de Mésange, écuyer et sa femme Jeanne de la Roche qui prennent le bail du « lieu et courtillerie de Couevron scis en la parroisse et seigneurie d’Estival ». Sont également cités Jean Le Vaillant et Marie Mésange. Tous ces patronymes sont liés au monde de la verrerie.

En 1502, l’abbesse Jeanne de Laval reçoit « une pennerés de verres que monsieur de La Verrerie envoyoit à madite dame ».

 

 

A Blandouet est mentionnée en 1548 une verrerie : « noble homme Guillaume Brossart sieur de la verrerie de la Benoistière ». Elle apparaît sur le cadastre de 1842 sous le nom de « La Verrerie », voisin immédiat des « Menestières ». Elle a dû fonctionner une trentaine d’années. Les registres de Blandouet commencent en 1544 et aucun acte ne mentionne les de Brossard avant 1548. Puis c’est en 1578 qu’est mentionné pour la dernière fois le nom de Brossard dans cette paroisse.

Ensuite on retrouve des traces de l’activité verrière à Saint-Denis-d’Orques (72). On y voit de nombreux de Brossard dès le troisième quart du 16ème siècle. Cette activité est corroborée par la présence du toponyme « La Vieille Verrerie » en forêt de la Charnie ; il existe le lieu-dit « La Verrerie » le long de l’actuelle route du Mans à Laval et en bordure des bois du Creux. L’hypothèse est qu’il a pu y avoir un déplacement de site au cours du 17ème siècle. En effet, à partir des années 1605/1610 le nombre d’individus de Brossard se fait plus rare sur la paroisse ; dès lors le nom qui revient souvent dans les registres est Jacques de Brossard, sieur de la Couldraye, lieu-dit situé à 500 mètres de la Verrerie. Ce n’est peut-être qu’un hasard, mais plusieurs toponymes éloignés de quelques centaines de mètres les uns des autres, et dans le même secteur que « La Verrerie », évoquent les sieuries des de Brossard : « Brosse », « Barre », « Vallées », « Verger », « Landes ».

Il existait d’ailleurs dans l’église de Saint-Denis-d’Orques un banc dit de la Verrerie, sous lequel se sont fait inhumer plusieurs membres de Brossard et de familles alliées. Ainsi Marin de Brossard, sieur de la Motte, inhumé le 6 octobre 1583, ou encore la sépulture en 1654 de Marie de Coulonge, femme de François de Brossard, sieur de la Couldraye. Est également inhumé sous ce banc en 1673 Gaspard de Languedou, membre d’une autre famille verrière présente dans la région.

Il existe une autre verrerie sur la commune de Saint Denis d’Orques ; en effet, le Creux est aujourd’hui sur le territoire communal mais relevait auparavant de Brûlon. Elle apparaît dans le cadastre de 1973 sous l’appellation « Verrerie du Creux ». Cette activité parait débuter au début des années 1720. Les registres font mention du mariage de Gilles de Brossard, écuyer, sieur de Préville, fils de Paul de Brossard, écuyer, sieur de la Martinière. Il semble venir d’Eure-et-Loir où on trouve des sieurs de Préville au début du 18ème siècle, en particulier à la verrerie de Manou. Dès lors, les de Brossard apparaissent fréquemment. On y rencontre plusieurs familles de verriers dont les Perrot de Limonti et Sarode. La fin de cette activité est à situer vers 1735/1740, période vers laquelle on signale ces individus sur le site de Javardan à Fercé (44).

On peut placer dans la même aire la verrerie du Plessis à Mareil-en-Champagne (72).  Nous ne savons pas quand est apparu ce site, mais les registres paroissiaux commencent en 1673 et dès le début, on y rencontre des de Brossard et des de Languedou. Cette activité est attestée également par la présence de tiseurs et de marchands de verre : sépulture de Julien Dutertre « vivant tiseur de la verrerie du Plessis » en 1673, baptême en 1675 de la fille de Louis Tommeret « sieur de la Grange, maître tiseur en la verrerie du Plessis » et dont la marraine est la femme de Pierre Gaucher, marchand verrier, etc. On trouve également dans le registre de Viviers (53) une mention en 1653 concernant Gillette Gandon femme de Marin Tommeret de « la verrerie en St Denis ». Il existe des liens avec les verreries de l’Orne. Ainsi en 1633 à la Ferrière est cité un Jean Thommeret la Grange. Jacques de Brossard, sieur de Frévent, rencontré au tout début du 18ème siècle à Mareil est le fils de François de Brossard, sieur de Sourdeval, verrier sur les sites de Tanville et La Roche de Nonant.




09/10/2011
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